Soigner soi-même les sabots – Conseils et astuces pour le faire soi-même
Le soin des sabots, et plus particulièrement celui de chaque sabot, est aussi important pour l'animal que les soins des pieds le sont pour l'être humain. Un pareur ou un maréchal-ferrant assure un entretien professionnel des sabots. Alors que le pareur s'occupe également des sabots non ferrés, le maréchal-ferrant est un spécialiste qualifié pour l'entretien des sabots ferrés à l'aide de fers à cheval ou d'autres matériaux. Le soin des sabots comprend de manière générale les corrections de position ainsi que l'équilibrage de chaque sabot à l'aide d'outils tels que le couteau à sabots et la râpe à sabots, le chevalet, le fusil à aiguiser ou encore le rapporteur à sabots.
Contrairement au métier de maréchal-ferrant, qui nécessite plusieurs années de formation, le soin des sabots peut être pratiqué à titre professionnel ou privé. En tant que propriétaire de cheval, tu peux acquérir les connaissances nécessaires pour entretenir toi-même les sabots de ton compagnon à quatre pattes de manière durable et tout aussi efficace. Il peut être utile de suivre l’un ou l’autre stage ou atelier spécialisé. Pour entretenir vous-même les sabots de votre cheval, vous n’avez vraiment pas besoin d’être un podologue équin accompli pour prendre soin de lui avec attention et tendresse.
Le sabot du cheval – une zone sensible chez les ongulés imparipédes
Chez tous les animaux à sabots, le sabot est une épaisse couche de corne située à l’extrémité des doigts. Chez les artiodactyles, dont fait partie le cheval, cette structure cornée enveloppe les phalanges. Ce matériau dur est formé par la peau des doigts. Elle est composée de cellules kératinisées et mortes issues de la kératine, une substance produite par les animaux et qui caractérise la substance cornée en tant que telle.
Le sabot du cheval est en grande partie constitué de corne et ressemble anatomiquement à tes ongles. Les sabots ne sont pas des pieds, mais l'extrémité des orteils. La partie avant et plutôt dure du sabot, la paroi, assure une bonne stabilité, tandis que la partie arrière est souple et sert plutôt d’amortisseur. C’est là que se trouve le coussin de la fourchette. Le « squelette » de l’extrémité des doigts comprend l’os du sabot, l’os de la fourchette ainsi que la partie inférieure de l’os de la couronne.
Lorsque tu soulèves un sabot du sol, tu vois la partie qui est en contact avec le sol. Il s’agit de la sole du sabot et, juste en dessous, se trouve la cornée. Celle-ci est innervée et donc sensible à la douleur. Le bord extérieur est appelé « bord porteur ». Entre celui-ci et la sole proprement dite, on distingue une ligne blanche. Le triangle ainsi formé est la fourchette ; derrière celle-ci se trouve le coussinet.
La réaction élastique du sabot face à des sollicitations de toute nature constitue le mécanisme du sabot. Lorsque ton cheval marche, ses sabots ne sont pas rigides, mais s’adaptent plutôt au mouvement et au poids. Le os de couronne antérieur est tiré vers l’arrière et vers le bas, tandis que les coussinets sont simultanément écartés. La raie entre ainsi légèrement en contact avec le sol, ce qui permet de transmettre des informations sur la nature du sol aux terminaisons nerveuses du derme. De plus, l’alternance constante entre l’écartement des coussinets et leur resserrement qui s’ensuit assure une bonne irrigation sanguine des sabots. En cas de sollicitation importante due à une activité physique intense, ce processus a un impact sur l’irrigation sanguine globale du membre du cheval.
Ce bref aperçu de l’anatomie de la jambe et du sabot du cheval a pour but de te faire comprendre l’importance d’un entretien rigoureux.
Entretenir soi-même les sabots – Apprendre par la pratique
Mis à part le fait que tu devrais faire contrôler régulièrement les sabots de ton cheval par un maréchal-ferrant, tu peux sans crainte te charger toi-même du reste des soins. Dans l’idéal, tu as grandi avec des chevaux, ou bien, en tant qu’amateur de chevaux, tu as acquis beaucoup de savoir-faire en lisant et en te documentant. L’entretien des sabots s’apprend moins par la théorie que par l’expérience pratique, et on l’observe littéralement chez son voisin.
Tu ne devrais toutefois pas attendre que ton cheval soit confronté à des problèmes de santé pour commencer à en prendre soin. C’est un être vivant qui peut être aussi sensible à la douleur que l’être humain. À cet égard, il ne faut en aucun cas en arriver au point où tu aies besoin d’un vétérinaire pour cette raison.
N’oublie pas : pour soigner toute maladie des sabots, c’est au vétérinaire, au spécialiste des sabots nus ou au maréchal-ferrant qu’il faut s’adresser. La responsabilité principale de l’entretien t’incombe toutefois à toi-même, en tant que propriétaire du cheval.
Guide et conseils sur les soins des sabots
Le sabot de cheval en bonne santé
En règle générale, on considère que les sabots d’un cheval sont en bonne santé lorsque l’animal peut marcher sans problème et surtout sans douleur sur tous les types de sol, pieds nus, c’est-à-dire sans fers. Tu peux reconnaître un sabot de cheval en bonne santé grâce aux caractéristiques suivantes, ou en d’autres termes, en vérifiant
- une forme harmonieuse, c'est-à-dire régulière
- une fourchette proéminente, portant le poids dans le tiers arrière
- des nervures latérales droites et dressées, s'étendant de la fourche vers le centre de la fourche
- une ligne blanche régulière, sans destructeurs, sans pourriture ni rupture de continuité
- une épaisseur de paroi régulière sur tout le pourtour
- Trajectoires des parois droites ou allongées
- Angulation identique des orteils et des talons
- aucune situation de contrainte, telle qu’un sabot contraint
À ce sujet, voici quelques conseils pour le soin des sabots : l’organisme du cheval est conçu pour produire en moyenne environ 10 mm de corne par mois, ce qui comprend la corne de la paroi ainsi que celle de la sole, des lamelles et de la fourchette.
Maladies fréquentes des sabots
Ligne blanche pourrie
Dans cette affection du sabot, la ligne blanche, qui maintient ensemble la paroi et la sole, se décompose à un stade précoce. Dans la plupart des cas, cette affection est due à des champignons et à des infections bactériennes, mais souvent aussi à un manque de soins ou à une mauvaise hygiène de l'écurie. Tous ces facteurs conduisent à une qualité de corne insuffisante, voire mauvaise. À mesure que la pourriture de la ligne blanche progresse, le traitement devient plus complexe et plus difficile. La paroi du sabot est soumise à une contrainte de plus en plus importante. Cela entraîne des inflammations de la derme parien. Dans le pire des cas, la paroi du sabot se creuse. Cela rend la pose de fers à cheval pratiquement impossible.
À ce stade, la zone touchée par la pourriture doit être découpée avec le plus grand soin. Les médicaments antifongiques et antibactériens ne doivent être administrés que sur prescription vétérinaire. La zone concernée du sabot doit être maintenue propre et faire l’objet de soins optimaux.
Fissure de la corne
Il s’agit d’une fissure dans la paroi cornée, qui s’étend le plus souvent verticalement. La fissure de la paroi cornée peut être superficielle ou profonde, pouvant atteindre la derme. Une fissure aussi profonde entraîne souvent une inflammation du derme. Les causes d’une fente de la corne sont une mauvaise qualité de la corne, un mauvais alignement du sabot ou un ferrage inadapté. Le traitement dans le cadre des soins du sabot dépend de la taille et de la profondeur de la fente. Il est possible de maintenir la fente fermée à l’aide de pinces ou de ruban adhésif. La cicatrisation naturelle est favorisée par la repousse de la corne, ce qui permet à la fissure de se refermer d'elle-même. À ce stade, les soins du sabot sont extrêmement fastidieux. Dans l'idéal, ils devraient être supervisés par un vétérinaire.
La fourbure
Il s’agit d’une inflammation extrêmement douloureuse de la cornine, qui constitue la cause de mortalité la plus fréquente après la colique. Il est donc d’autant plus crucial que tu fasses tout ton possible, grâce à tes soins des sabots, pour éviter la fourbure. Parmi les causes, on peut citer un trouble métabolique, une mauvaise alimentation ou une intoxication, mais aussi la sursollicitation et le surpoids.
L’inflammation provoque un gonflement des tissus, ce qui entraîne un affaissement de l’os du sabot vers la sole. Il s’agit d’un affaissement de l’os du sabot ; l’étape suivante de la maladie est une rotation de l’os du sabot. Dans ce cas, l’os du sabot s’affaisse encore davantage et pivote. Dans le pire des cas, lors d’une perforation du os du sabot, celui-ci perce la sole. Cette évolution de la maladie peut être évitée, voire exclue, grâce à des soins du sabot minutieux et prudents. Dès les premiers signes, tu dois consulter un vétérinaire.
Parmi les symptômes, allant des plus évidents aux plus discrets, on trouve
- une démarche excessivement prudente et lente, avec des pas courts et plats
- des signes généraux de douleur ainsi qu’une sole extrêmement sensible à la douleur
- un bord de couronne enflé et chaud, ainsi qu'une pulsation au niveau du paturon
La pourriture de la fourchette
Il s’agit d’un processus de pourriture qui décompose lentement mais continuellement la corne molle de la fourchette du sabot. Ce processus est provoqué par des bactéries de pourriture. Celles-ci se développent principalement dans un milieu chaud et humide et se multiplient en l’absence d’oxygène.
L’odeur putride d’une masse noire et visqueuse, qui se forme dans les cavités créées par la pourriture au niveau de la fourchette, est caractéristique. La fourchette se ramollit et, dans le pire des cas, se détache complètement. La pourriture de la fourchette peut pénétrer jusqu’à la couche cornée et y provoquer une inflammation douloureuse. À ce stade, le cheval commence à boiter.
Avec des soins appropriés, l’apparition de la pourriture de la fourchette est pratiquement exclue. Si elle survient malgré tout, tu dois retirer – ou faire retirer – les parties de la corne touchées et veiller à empêcher la prolifération bactérienne.
Cela signifie : un sol propre et sec pour le cheval ainsi qu’un nettoyage minutieux et régulier des sabots. L’expérience montre que les médicaments prescrits par un vétérinaire accélèrent le processus de guérison.
Guide d’entretien des sabots – mode d’emploi
L'activité physique de ton cheval
Tout mouvement sans fers stimule l’ensemble du mécanisme du sabot de ton cheval. Cela vaut donc également pour sa circulation sanguine et son système cardiaque. La circulation sanguine favorise le transport des nutriments ; elle maintient le sabot en bonne santé et élastique. Si ton cheval porte des fers à cheval, il est tout à fait recommandé de le laisser sans fers pendant plusieurs mois en moyenne par an. Cela préserve la stabilité des sabots et favorise le bon fonctionnement de l’ensemble du mécanisme du sabot.
Tout comme l’alimentation, l’activité physique est un véritable élixir de vie pour votre cheval. Une sollicitation correcte et régulière de la musculature a une influence positive sur l’ensemble du métabolisme. Elle favorise le bon fonctionnement d’organes vitaux tels que le cœur, les poumons, le foie, les reins et le système digestif.
Remarque : prendre soin des sabots ne se limite pas au simple entretien et à l’application de baume, mais relève plus largement du souci du bien-être général du cheval.
Propreté dans l'écurie et le paddock
Un soin des sabots équilibré et respectueux des animaux passe par des conditions d’élevage adéquates. Cela implique une litière toujours sèche et fraîche dans l’écurie. Dans les enclos et les paddocks, il faut empêcher, pendant les semaines d’automne et d’hiver humides et froides, que les sabots des chevaux ne soient infestés par des bactéries. Ils sont tout aussi sensibles et vulnérables à l'urine et aux excréments.
En bref : les soins des sabots impliquent à la fois le ramassage régulier des crottins dans les pâturages et le maintien d’une écurie toujours propre et hygiénique.
Nettoyage, contrôle et curage quotidiens
Le contrôle quotidien comprend le raclage des sabots à l’aide d’un cure-sabot et d’une petite brosse. Il faut nettoyer le sillon externe et le sillon médian. Les salissures tenaces peuvent être éliminées efficacement à l’aide d’une grande brosse et d’eau fraîche. Dans tous les cas, chaque sabot doit être parfaitement propre. Des cailloux peuvent se loger aussi bien dans le sabot que dans la ligne blanche. Au niveau des coins du talon, il faut littéralement retirer chaque petit caillou, aussi minuscule soit-il. Sinon, il existe un risque latent que les cailloux suivants les enfoncent davantage, ce qui conduit inévitablement à un abcès du sabot.
Contrôle régulier par un pareur professionnel
Parmi les conseils généraux en matière de soins des sabots, on peut citer le recours à un maréchal-ferrant et à un soigneur de sabots, ainsi qu’à un vétérinaire. Il est tout à fait approprié de traiter soi-même les sabots à l’aide d’une râpe. Tant que tu ne maîtrises pas parfaitement cette technique, confie cette tâche à un maréchal-ferrant expérimenté, dans l’intérêt de ton cheval. La fréquence idéale pour faire ferrer les sabots par le maréchal-ferrant est d’environ toutes les six semaines.
Même si les fers sont encore en bon état, le sabot du cheval a continué de pousser pendant cette période.
Limer dans le sens de la fourchette
Un appui optimal est bénéfique pour les tendons et les articulations de votre cheval. Plus la longueur de la fourchette augmente, plus l'appui se détériore.
D'où ce conseil de soins des sabots : seul un limage régulier permet un dépose-pied sans problème. Il est recommandé de toujours limer dans la même direction de la pointe. À la longue, chaque sabot adopte « sa propre » orientation de la pointe. Celle-ci se situe rarement au centre du sabot, mais plutôt latéralement, c’est-à-dire sur le côté de la pointe du sabot.
Idéalement, l’orientation de la pointe devrait ressembler à celle d’une basket, avec un rayon de courbure naturel compris entre 15 et 20 degrés.
Conseils pour le soin des sabots – ce qu’il faut retenir
Graisses pour sabots – ni trop, ni trop peu
L’application de graisse pour sabots influence l’absorption d’humidité. Un excès de graisse accélère le dessèchement indésirable des sabots. Pour leur entretien, un dosage adéquat est essentiel. Si, pour des raisons esthétiques, par exemple à l’occasion d’un concours hippique, on applique de la graisse sur les sabots, cela doit se limiter à la paroi externe du sabot. Les soleilles ne doivent donc pas être graissées.
Hydratation des sabots – pâturage, abreuvement, bain de pieds
Les sabots doivent être régulièrement humidifiés pour éviter qu'ils ne se dessèchent. L'idéal est que ton cheval puisse courir tôt le matin dans l'herbe couverte de rosée pendant les semaines d'été. Lorsqu'il est à l'écurie, tu peux placer les sabots de ton cheval dans des seaux remplis d'eau. Ensuite, on graisse et on huile les sabots afin de conserver l’eau à l’intérieur du sabot, ou en d’autres termes, de la retenir. L’entretien à l’aide de graisses pour sabots et l’hydratation des sabots vont de pair : l’un conditionne l’autre, l’un a besoin de l’autre.
Respecte la règle empirique suivante : un arrosage normal une fois par semaine, et quotidiennement si les sabots sont très desséchés.
Posture et circulation sanguine
La posture et l’activité physique de ton cheval sont directement liées aux soins des sabots. La sortie quotidienne, ou en d’autres termes l’activité physique, est, comme on dit, le meilleur remède pour les sabots et le corps. La combinaison d’une activité physique adaptée et d’une alimentation adaptée à l’espèce est une garantie pour éviter les maladies des sabots.
Soigner soi-même la corne et les sabots – le bon choix d’herbes
Un autre conseil pour l’entretien des sabots consiste à utiliser des herbes, à l’instar des remèdes naturels que tu utilises toi-même. Pour les sabots trop secs ou qui s'écaillent, l'hydratation est essentielle. Les substances naturelles hydratantes à base de plantes comprennent les mucilages végétaux issus des feuilles de mauve ou de la racine de guimauve, la glycérine végétale, le gel d'aloe vera ou un extrait de concombre fait maison.
Les plantes qui renforcent et soignent la corne sont le cresson de fontaine, les graines de courge et l'ortie. Parmi les plantes favorisant la croissance, on trouve le romarin, le gingembre et le genévrier. Les huiles essentielles qui en sont extraites s’appliquent goutte à goutte sur les sabots. Ce soin naturel a un effet apaisant global et favorise la circulation sanguine dans les sabots.
Conclusion : comment garder ton compagnon à quatre pattes en bonne santé et performant
En tant qu'amateur de chevaux, retiens simplement qu’avec ces conseils de soins des sabots, tu joues la carte de la sécurité lorsqu’il s’agit du bien-être de ton compagnon à quatre pattes. Tant que ton cheval est en bonne santé, tu peux t'occuper toi-même de l'ensemble des soins des sabots grâce à ton savoir-faire, ta patience, ton expérience et ton amour des animaux.
Dans l’idéal, tu comprends bien les chevaux et tu connais ton animal sur le bout des doigts. L'essentiel est de savoir reconnaître le moment où vos soins ne suffisent plus et où vous avez besoin de l'aide d'un soigneur de sabots professionnel, d'un maréchal-ferrant ou même d'un vétérinaire.
Ton cheval repose sur quatre pattes – tout comme des soins des sabots sains reposent sur
- l'exercice
- l’alimentation
- l’hébergement et les soins
- un parage, si nécessaire, par un spécialiste des sabots nus
Tu trouveras ici des conseils utiles sur le soin des sabots ainsi que notre gamme complète de produits dédiés à l'entretien des sabots de cheval :
Alimentation pour des sabots sains
Si tu as d'autres questions ou des suggestions concernant le soin des sabots, n'hésite pas à nous contacter.